21
Jun
2012

Comment rendre les chaînes de valeurs du riz plus orientées vers le consommateur

Le riz touche des milliers pour ne pas dire des millions d’individus en plus des riziculteurs. En amont des sites de production, on compte les producteurs et fabricants d’intrants (semences, engrais, pesticides), d’équipements et les négociants qui les commercialisent. En aval de la production, se trouvent les transformateurs, commerçants, grossistes, détaillants et consommateurs.

Matty Demont est agro-économiste à la station du Sahel d’AfricaRice. « Les Sénégalais consomment principalement du riz importé et pourquoi ? » se demande-t-il. « La réponse doit être liée aux chaînes de valeurs au Sénégal et cela nous donnera des indications sur l’orientation à donner à la stratégie rizicole destinée aux bénéficiaires finaux – en rendant les chaînes plus orientées vers le consommateur ».

La grande majorité des Sénégalais consomment du riz importé. Cette préférence est influencée en grande partie par le fait que le riz produit localement – notamment dans la vallée du fleuve Sénégal (VFS) au Nord – a été traditionnellement de qualité médiocre comprenant des mélanges de variétés, une qualité de grain hétérogène avec un niveau d’impuretés inacceptable.

Que se passerait-il si ce riz était adapté aux préférences du marché en termes de qualité et de présentation, les populations l’achèteraient-ils ? Par un système de ventes aux enchères expérimentales et du riz local étiqueté (Rival – une marque déposée de riz produit localement et commercialisée par la Plateforme d’appui aux initiatives du nord, PINORD), Demont et son équipe ont trouvé que les consommatrices étaient prêtes à payer un supplément pour Rival équivalent de près du double de ce qu’elles paieraient pour le riz importé (38 % cf. 16 %).

En somme, près de 20 % des participants ont préféré le riz conventionnel VFS. « L’implication politique est la suivante ; nous ne devons pas imposer que tout le riz de la VFS fasse l’objet de la démarche qualité », a déclaré Demont.

« Il existe un segment du marché qui n’est pas prêt à payer pour la qualité. Le développement de la chaîne de valeur devra s’assurer que le riz VFS conventionnel reste disponible pour ces consommateurs si l’amélioration de sa qualité implique des prix plus élevés ».

Les acquis principaux issus des travaux sur la chaîne de valeur menés dans la station du Sahel sont les suivants : la disponibilité du riz local de qualité (VFS) doit être promue au sein de la population, la production de riz de qualité demande des investissements, et les politiques rizicoles doivent être séquencées – en commençant par augmenter la qualité du riz local pour atteindre le niveau de celui importé, ce qui valorise le produit, produire du riz à grande échelle, et mettre en place des programmes promotionnels en vue de commercialiser l’excédent pour le substituer au riz importé sur les marchés urbains.

Un article“Policy Sequencing and the Development of Rice Value Chains in Senegal” par Dr Matty Demont et Amy C. Rizzotto, publié en juin 2012 dans “Development Policy Review” met l’accent sur cette question.

Pour plus d’informations, visiter www.Africaraïce.org.

Podcast credit : R.Raman, Savitri Mohapatra, AfricaRice

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21
Jun
2012

How to make rice value chains buyer-driven

Rice concerns thousands, if not millions, of people in addition to rice farmers. On the pre-production side there are the producers and manufacturers of inputs (seeds, fertilizers, pesticides) and machinery and the traders who sell them.
On the postproduction side, there are processors, traders, wholesalers, retailers and consumers.
Matty Demont is an agricultural economist based at the AfricaRice Sahel Station. “The Senegalese eat mostly imported rice instead of the locally produced rice — why?” he asks. “The answer must be related to rice value chains in Senegal, and it will give us clues how to orient rice strategy to the end-user — making the chains buyer-driven”.
The vast majority of Senegalese people in Senegal eat imported rice. This preference is influenced, at least in major part, by the fact that locally produced rice (especially in the Senegal River valley [SRV] in the north) has historically been of mediocre quality, comprising mixed varieties, heterogeneous grain quality and with unacceptably high levels of impurities.
But what if it was tailored to market preferences in terms of quality and presentation, would the people pay for it?
By using an experimental auction system, and locally produced branded rice (Rival — a trademarked brand of domestic rice, marketed by the NGO Plateforme d’appui aux initiatives du nord, PINORD), Demont and his team found that women consumers were willing to pay a premium for Rival more than double what they would and do pay for imported rice on the market (38% cf. 16%).
That said, some 20% of the participants preferred the conventional SRV rice. “The policy implication here is that we should never seek to push all SRV rice down the route of quality”, says Demont. “There is a market segment of consumers who are not willing to pay for quality. Value chain development should ensure that conventional SRV rice remains available for those consumers if improving its quality will result in significantly higher prices”.
The key lessons from the value-chain work conducted in Senegal are that the availability of quality local (SRV) rice needs to be promoted among the population, production of quality rice requires investment, and policy needs to be sequenced — starting with increasing the quality of locally produced rice to the level of imported rice, which adds value to the product; scaling up rice production; and running promotional programs to market the surplus and replace imported rice in urban end-markets.
An article “Policy Sequencing and the Development ofRice Value Chains in Senegal” by Matty Demont and Amy C. Rizzotto, published this month in “Development Policy Review,” focuses on this issue.
For more information on AfricaRice, visit www.AfricaRice.org
Podcast credit : Savitri Mohaptra, R.Raman, AfricaRice