18
Jun
2019

El-Hadj Gano, Président, FEPROBA, L’expérience réussie de l’Anambé

Révolution rizicole au Sénégal sans tambour ni trompette -- Les producteurs de semences transforment l’Anambé en une vallée prospère

À l’insu de quasiment tous, les producteurs de semences de riz transforment l’Anambé, dans la région de Kolda dans le Sud du Sénégal, en une vallée prospère. Grâce à une synergie incroyable entre tous les acteurs, les producteurs de subsistance à Kolda sont devenus prospères en moins de deux ans en produisant des semences de qualité, une activité en plein essor.

De plus, Kolda est devenue pour la première fois un pôle majeur pour la production des semences de riz de plateau au Sénégal. Cette transformation aide le pays à atteindre plus vite l’objectif fixé par le gouvernement pour atteindre l’autosuffisance en riz d’ici 2017.

L’expérience réussie de l’Anambé

« Avec les bénéfices que j’ai faits récemment dans la vente des semences de riz, j’ai acheté deux tracteurs et j’envisage acquérir un troisième, » a déclaré Issa Baldé, président de la Fédération des producteurs du bassin de l’Anambé (FEPROBA) dans le secteur 5, Dialakégné. Il a fièrement annoncé qu’il a inscrit son fils dans une école de football à Dakar, dont les frais s’élèvent à 2,6 millions de FCFA (4 315 USD).

Beaucoup d’autres membres de la FEPROBA, qui compte environ 4 600 producteurs, ont des cas de réussite similaires à raconter. Certains d’entre eux sont en train de construire de nouvelles maisons avec l’argent gagné de la vente des semences. Ils bénéficient du programme de subvention du gouvernement pour l’achat de machines agricoles et peuvent avoir des prêts bancaires à cause des bénéfices qu’ils tirent de la production des semences.

« Jusqu’à maintenant, je n’avais jamais vu 1 million de francs CFA (1 659 USD) de ma vie, » a fait remarquer Souleymane Gano. « En vendant les semences de riz, j’ai gagné 1,3 million de francs CFA (2 157 USD) après avoir payé toutes mes dettes. » Mamadou Dian Diallo, un autre producteur de semences, a construit une maison à deux étages avec des magasins, acheté deux tracteurs et une voiture 4x4.

Le président de la FEPROBA, El-Hadj Gano, a gagné suffisamment d’argent dans les semences pour acheter un tracteur, construire une maison, acheter du bétail et inscrire ses enfants dans une école privée. Mme Fatoumata Sabaly, du village de Soutouré dans l’Anambé, a produit 77 tonnes de semences de riz cette année. Elle a aussi acheté un tracteur et possède 60 têtes de bétails.

Les raisons qui sous-tendent le succès

L’expérience réussie de l’Anambé a commencé en juillet 2014 quand la FEPROBA a reçu 60 tonnes de semences de variétés de riz NERICA 4 et NERICA 6 pour l’écologie de plateau et la variété WITA 9 pour l’écologie de bas-fond. Les semences ont été distribuées par AfricaRice et le ministère sénégalais de l’Agriculture et de l’Équipement rural dans le cadre de l’Initiative riz d’urgence financée par le Japon et mise en œuvre par AfricaRice.

L’Anambé a été identifiée par le Programme national d’autosuffisance en riz (PNAR) comme un pôle pour la production des semences de riz de plateau, parce que la vallée dispose de bonnes infrastructures de maîtrise de l’eau et a aussi la possibilité de faire une irrigation d’appoint si nécessaire pendant la contre-saison. Le gouvernement tient aussi à améliorer les moyens de subsistance des communautés paysannes à Kolda puisque c’est l’une des régions les plus pauvres du Sénégal.

Le PNAR a pour mission d’assurer la cohérence des différentes interventions relatives au développement de la filière riz local, de renforcer sa promotion et son développement par l’augmentation des superficies, la modernisation des moyens et des méthodes de production et de transformation, et la professionnalisation des acteurs en vue d’améliorer la sécurité alimentaire et de contribuer ainsi à la lutte contre la pauvreté.

Dans ce cadre, il assume la responsabilité de conduire le Sénégal vers l’autosuffisance en riz d’ici 2017 en produisant 1,6 million de tonnes de paddy (1,08 million de tonnes de riz usiné). Bien qu’auparavant le gouvernement ait déterminé que 80 % de cette quantité proviendrait du riz irrigué et 20 % du riz pluvial, en 2014 il a décidé d’augmenter la part de la production du riz pluvial à 40 %.

Ce changement de stratégie était dû en grande partie à un programme appuyé par l’Agence américaine pour le développement international (USAID) dans le Sud du Sénégal, qui a démontré que la productivité du système de riziculture pluviale pouvait être significativement améliorée en utilisant des variétés à haut rendement telles que les NERICA avec de bonnes pratiques agricoles, la mécanisation et un système semencier efficace.

« Cependant, puisque le riz pluvial était perçu comme un parent pauvre au Sénégal, il n’y avait pratiquement pas de semences de qualité disponibles pour les producteurs » a expliqué Dr Waly Diouf, Coordinateur du PNAR. « L’offre de semences d’AfricaRice est donc arrivée à point nommé. Nous avons décidé de les distribuer aux producteurs de la FEPROBA, avec l’accompagnement de la Société de développement agricole et industriel du Sénégal (SODAGRI) afin qu’ils puissent les multiplier pour une distribution à grande échelle. »

Les producteurs de semences ont été appuyés à travers les services d’encadrement et de vulgarisation. Depuis le début de l’initiative, AfricaRice a été un partenaire actif du gouvernement dans la formation des formateurs, y compris les agents de vulgarisation, en pratiques améliorées de la production rizicole. Selon Dr Karim Traoré, Expert en qualité grain et en semences à AfricaRice, l’une des principales personnes ressources du programme de formation, la semence de bonne qualité est essentielle pour que les producteurs puissent avoir de bonnes récoltes.

Amélioration du système semencier

Les producteurs de semences de l’Anambé suivent les procédures du gouvernement pour produire les semences certifiées. Le contrôle qualité des semences est fait par la Division des semences (DISEM) depuis le champ. Des échantillons de semences sont testés pour la germination, la pureté physique et la teneur en humidité dans le laboratoire national de test des semences à Tambacounda.

En janvier 2015, un centre de traitement des semences avec une capacité de triage de 40 tonnes par jour a été construit à Kolda avec le soutien de l’USAID. Le centre, qui est dirigé par une compagnie privée, certifie les semences après le nettoyage, le calibrage et le traitement à 20 000 FCFA (environ 33 USD) par tonne payés par les producteurs de semences.

« Nous veillons à ce que notre centre envoie des semences certifiées sur lesquelles les producteurs peuvent compter pour accroître leur production, » a déclaré M. Baila Diop, Gérant du centre de Kolda.

Résultats tangibles

Au bout de quelques années, la vallée de l’Anambé est véritablement devenue l’un des plus grands fournisseurs de semences certifiées pour la riziculture pluviale au Sénégal. « En 2015, elle a fourni plus de 1 000 tonnes de semences de riz pluvial et en 2016, plus de 2 000 tonnes sont attendues, » a affirmé M. Moussa Baldé, Directeur général de la SODAGRI.

« L’initiative a apporté l’espoir aux producteurs de la FEPROBA, qui ont compris que la production de semences peut être une affaire rentable, » a-t-il ajouté. « Notre objectif est de fournir au moins 50 % des semences certifiées requises pour la riziculture pluviale au Sénégal d’ici 2017. »

Kolda nourrit Kolda en riz

Selon la FAO, le Sénégal a obtenu une récolte record de 906 000 tonnes de paddy (634 000 tonnes de riz usiné) en 2015, ce qui est supérieur de 62 % à la production de 2014. Elle projette qu’en 2016, le pays va collecter au moins 950 000 tonnes de paddy (665 000 tonnes de riz usiné).

Les producteurs de semences de l’Anambé ont sans aucun doute contribué au succès grandissant de la nouvelle stratégie du gouvernement et sont en train de tenir la promesse du slogan « Kolda nourrit Kolda » en riz. Ils désirent vivement faire plus. « Nous avons maintenant les politiques d’appui du gouvernement. Les producteurs peuvent nourrir le Sénégal sans aller chercher de l’aide à l’extérieur, » a déclaré Issa Baldé.

Lui et les autres membres de la FEPROBA ont demandé au gouvernement d’accroître les superficies irriguées puisqu’il existe une demande forte de la part du nombre grandissant de producteurs qui viennent dans l’Anambé après avoir été témoins du boom des semences. Ils aimeraient aussi avoir un centre de traitement des semences plus proche des sites de production et une usine de transformation du riz.

Pour Dr Diouf, l’expérience réussie de l’Anambé est une vision du gouvernement qui est devenue une réalité grâce à l’ensemble des partenaires de la recherche et du développement, y compris AfricaRice. « Nous avons pu assurer l’autosuffisance en riz à Kolda au bout de deux ans. Maintenant, nous ne parlons plus d’autosuffisance ici, mais de prospérité. Cela signifie que nous sommes passés à un niveau de développement plus élevé. »

Podcast : Savitri Mohapatra, R.Raman, AfricaRice

Mardi 22 novembre 2016

18
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2019

Fatoumata Sabaly, Riziculteur, L’expérience réussie de l’Anambé

Révolution rizicole au Sénégal sans tambour ni trompette -- Les producteurs de semences transforment l’Anambé en une vallée prospère

À l’insu de quasiment tous, les producteurs de semences de riz transforment l’Anambé, dans la région de Kolda dans le Sud du Sénégal, en une vallée prospère. Grâce à une synergie incroyable entre tous les acteurs, les producteurs de subsistance à Kolda sont devenus prospères en moins de deux ans en produisant des semences de qualité, une activité en plein essor.

De plus, Kolda est devenue pour la première fois un pôle majeur pour la production des semences de riz de plateau au Sénégal. Cette transformation aide le pays à atteindre plus vite l’objectif fixé par le gouvernement pour atteindre l’autosuffisance en riz d’ici 2017.

L’expérience réussie de l’Anambé

« Avec les bénéfices que j’ai faits récemment dans la vente des semences de riz, j’ai acheté deux tracteurs et j’envisage acquérir un troisième, » a déclaré Issa Baldé, président de la Fédération des producteurs du bassin de l’Anambé (FEPROBA) dans le secteur 5, Dialakégné. Il a fièrement annoncé qu’il a inscrit son fils dans une école de football à Dakar, dont les frais s’élèvent à 2,6 millions de FCFA (4 315 USD).

Beaucoup d’autres membres de la FEPROBA, qui compte environ 4 600 producteurs, ont des cas de réussite similaires à raconter. Certains d’entre eux sont en train de construire de nouvelles maisons avec l’argent gagné de la vente des semences. Ils bénéficient du programme de subvention du gouvernement pour l’achat de machines agricoles et peuvent avoir des prêts bancaires à cause des bénéfices qu’ils tirent de la production des semences.

« Jusqu’à maintenant, je n’avais jamais vu 1 million de francs CFA (1 659 USD) de ma vie, » a fait remarquer Souleymane Gano. « En vendant les semences de riz, j’ai gagné 1,3 million de francs CFA (2 157 USD) après avoir payé toutes mes dettes. » Mamadou Dian Diallo, un autre producteur de semences, a construit une maison à deux étages avec des magasins, acheté deux tracteurs et une voiture 4x4.

Le président de la FEPROBA, El-Hadj Gano, a gagné suffisamment d’argent dans les semences pour acheter un tracteur, construire une maison, acheter du bétail et inscrire ses enfants dans une école privée. Mme Fatoumata Sabaly, du village de Soutouré dans l’Anambé, a produit 77 tonnes de semences de riz cette année. Elle a aussi acheté un tracteur et possède 60 têtes de bétails.

Les raisons qui sous-tendent le succès

L’expérience réussie de l’Anambé a commencé en juillet 2014 quand la FEPROBA a reçu 60 tonnes de semences de variétés de riz NERICA 4 et NERICA 6 pour l’écologie de plateau et la variété WITA 9 pour l’écologie de bas-fond. Les semences ont été distribuées par AfricaRice et le ministère sénégalais de l’Agriculture et de l’Équipement rural dans le cadre de l’Initiative riz d’urgence financée par le Japon et mise en œuvre par AfricaRice.

L’Anambé a été identifiée par le Programme national d’autosuffisance en riz (PNAR) comme un pôle pour la production des semences de riz de plateau, parce que la vallée dispose de bonnes infrastructures de maîtrise de l’eau et a aussi la possibilité de faire une irrigation d’appoint si nécessaire pendant la contre-saison. Le gouvernement tient aussi à améliorer les moyens de subsistance des communautés paysannes à Kolda puisque c’est l’une des régions les plus pauvres du Sénégal.

Le PNAR a pour mission d’assurer la cohérence des différentes interventions relatives au développement de la filière riz local, de renforcer sa promotion et son développement par l’augmentation des superficies, la modernisation des moyens et des méthodes de production et de transformation, et la professionnalisation des acteurs en vue d’améliorer la sécurité alimentaire et de contribuer ainsi à la lutte contre la pauvreté.

Dans ce cadre, il assume la responsabilité de conduire le Sénégal vers l’autosuffisance en riz d’ici 2017 en produisant 1,6 million de tonnes de paddy (1,08 million de tonnes de riz usiné). Bien qu’auparavant le gouvernement ait déterminé que 80 % de cette quantité proviendrait du riz irrigué et 20 % du riz pluvial, en 2014 il a décidé d’augmenter la part de la production du riz pluvial à 40 %.

Ce changement de stratégie était dû en grande partie à un programme appuyé par l’Agence américaine pour le développement international (USAID) dans le Sud du Sénégal, qui a démontré que la productivité du système de riziculture pluviale pouvait être significativement améliorée en utilisant des variétés à haut rendement telles que les NERICA avec de bonnes pratiques agricoles, la mécanisation et un système semencier efficace.

« Cependant, puisque le riz pluvial était perçu comme un parent pauvre au Sénégal, il n’y avait pratiquement pas de semences de qualité disponibles pour les producteurs » a expliqué Dr Waly Diouf, Coordinateur du PNAR. « L’offre de semences d’AfricaRice est donc arrivée à point nommé. Nous avons décidé de les distribuer aux producteurs de la FEPROBA, avec l’accompagnement de la Société de développement agricole et industriel du Sénégal (SODAGRI) afin qu’ils puissent les multiplier pour une distribution à grande échelle. »

Les producteurs de semences ont été appuyés à travers les services d’encadrement et de vulgarisation. Depuis le début de l’initiative, AfricaRice a été un partenaire actif du gouvernement dans la formation des formateurs, y compris les agents de vulgarisation, en pratiques améliorées de la production rizicole. Selon Dr Karim Traoré, Expert en qualité grain et en semences à AfricaRice, l’une des principales personnes ressources du programme de formation, la semence de bonne qualité est essentielle pour que les producteurs puissent avoir de bonnes récoltes.

Amélioration du système semencier

Les producteurs de semences de l’Anambé suivent les procédures du gouvernement pour produire les semences certifiées. Le contrôle qualité des semences est fait par la Division des semences (DISEM) depuis le champ. Des échantillons de semences sont testés pour la germination, la pureté physique et la teneur en humidité dans le laboratoire national de test des semences à Tambacounda.

En janvier 2015, un centre de traitement des semences avec une capacité de triage de 40 tonnes par jour a été construit à Kolda avec le soutien de l’USAID. Le centre, qui est dirigé par une compagnie privée, certifie les semences après le nettoyage, le calibrage et le traitement à 20 000 FCFA (environ 33 USD) par tonne payés par les producteurs de semences.

« Nous veillons à ce que notre centre envoie des semences certifiées sur lesquelles les producteurs peuvent compter pour accroître leur production, » a déclaré M. Baila Diop, Gérant du centre de Kolda.

Résultats tangibles

Au bout de quelques années, la vallée de l’Anambé est véritablement devenue l’un des plus grands fournisseurs de semences certifiées pour la riziculture pluviale au Sénégal. « En 2015, elle a fourni plus de 1 000 tonnes de semences de riz pluvial et en 2016, plus de 2 000 tonnes sont attendues, » a affirmé M. Moussa Baldé, Directeur général de la SODAGRI.

« L’initiative a apporté l’espoir aux producteurs de la FEPROBA, qui ont compris que la production de semences peut être une affaire rentable, » a-t-il ajouté. « Notre objectif est de fournir au moins 50 % des semences certifiées requises pour la riziculture pluviale au Sénégal d’ici 2017. »

Kolda nourrit Kolda en riz

Selon la FAO, le Sénégal a obtenu une récolte record de 906 000 tonnes de paddy (634 000 tonnes de riz usiné) en 2015, ce qui est supérieur de 62 % à la production de 2014. Elle projette qu’en 2016, le pays va collecter au moins 950 000 tonnes de paddy (665 000 tonnes de riz usiné).

Les producteurs de semences de l’Anambé ont sans aucun doute contribué au succès grandissant de la nouvelle stratégie du gouvernement et sont en train de tenir la promesse du slogan « Kolda nourrit Kolda » en riz. Ils désirent vivement faire plus. « Nous avons maintenant les politiques d’appui du gouvernement. Les producteurs peuvent nourrir le Sénégal sans aller chercher de l’aide à l’extérieur, » a déclaré Issa Baldé.

Lui et les autres membres de la FEPROBA ont demandé au gouvernement d’accroître les superficies irriguées puisqu’il existe une demande forte de la part du nombre grandissant de producteurs qui viennent dans l’Anambé après avoir été témoins du boom des semences. Ils aimeraient aussi avoir un centre de traitement des semences plus proche des sites de production et une usine de transformation du riz.

Pour Dr Diouf, l’expérience réussie de l’Anambé est une vision du gouvernement qui est devenue une réalité grâce à l’ensemble des partenaires de la recherche et du développement, y compris AfricaRice. « Nous avons pu assurer l’autosuffisance en riz à Kolda au bout de deux ans. Maintenant, nous ne parlons plus d’autosuffisance ici, mais de prospérité. Cela signifie que nous sommes passés à un niveau de développement plus élevé. »

Podcast : Savitri Mohapatra, R.Raman, AfricaRice

Mardi 22 novembre 2016

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Issa Baldé, Président, FEPROBA, L’expérience réussie de l’Anambé

Révolution rizicole au Sénégal sans tambour ni trompette -- Les producteurs de semences transforment l’Anambé en une vallée prospère

À l’insu de quasiment tous, les producteurs de semences de riz transforment l’Anambé, dans la région de Kolda dans le Sud du Sénégal, en une vallée prospère. Grâce à une synergie incroyable entre tous les acteurs, les producteurs de subsistance à Kolda sont devenus prospères en moins de deux ans en produisant des semences de qualité, une activité en plein essor.

De plus, Kolda est devenue pour la première fois un pôle majeur pour la production des semences de riz de plateau au Sénégal. Cette transformation aide le pays à atteindre plus vite l’objectif fixé par le gouvernement pour atteindre l’autosuffisance en riz d’ici 2017.

L’expérience réussie de l’Anambé

« Avec les bénéfices que j’ai faits récemment dans la vente des semences de riz, j’ai acheté deux tracteurs et j’envisage acquérir un troisième, » a déclaré Issa Baldé, président de la Fédération des producteurs du bassin de l’Anambé (FEPROBA) dans le secteur 5, Dialakégné. Il a fièrement annoncé qu’il a inscrit son fils dans une école de football à Dakar, dont les frais s’élèvent à 2,6 millions de FCFA (4 315 USD).

Beaucoup d’autres membres de la FEPROBA, qui compte environ 4 600 producteurs, ont des cas de réussite similaires à raconter. Certains d’entre eux sont en train de construire de nouvelles maisons avec l’argent gagné de la vente des semences. Ils bénéficient du programme de subvention du gouvernement pour l’achat de machines agricoles et peuvent avoir des prêts bancaires à cause des bénéfices qu’ils tirent de la production des semences.

« Jusqu’à maintenant, je n’avais jamais vu 1 million de francs CFA (1 659 USD) de ma vie, » a fait remarquer Souleymane Gano. « En vendant les semences de riz, j’ai gagné 1,3 million de francs CFA (2 157 USD) après avoir payé toutes mes dettes. » Mamadou Dian Diallo, un autre producteur de semences, a construit une maison à deux étages avec des magasins, acheté deux tracteurs et une voiture 4x4.

Le président de la FEPROBA, El-Hadj Gano, a gagné suffisamment d’argent dans les semences pour acheter un tracteur, construire une maison, acheter du bétail et inscrire ses enfants dans une école privée. Mme Fatoumata Sabaly, du village de Soutouré dans l’Anambé, a produit 77 tonnes de semences de riz cette année. Elle a aussi acheté un tracteur et possède 60 têtes de bétails.

Les raisons qui sous-tendent le succès

L’expérience réussie de l’Anambé a commencé en juillet 2014 quand la FEPROBA a reçu 60 tonnes de semences de variétés de riz NERICA 4 et NERICA 6 pour l’écologie de plateau et la variété WITA 9 pour l’écologie de bas-fond. Les semences ont été distribuées par AfricaRice et le ministère sénégalais de l’Agriculture et de l’Équipement rural dans le cadre de l’Initiative riz d’urgence financée par le Japon et mise en œuvre par AfricaRice.

L’Anambé a été identifiée par le Programme national d’autosuffisance en riz (PNAR) comme un pôle pour la production des semences de riz de plateau, parce que la vallée dispose de bonnes infrastructures de maîtrise de l’eau et a aussi la possibilité de faire une irrigation d’appoint si nécessaire pendant la contre-saison. Le gouvernement tient aussi à améliorer les moyens de subsistance des communautés paysannes à Kolda puisque c’est l’une des régions les plus pauvres du Sénégal.

Le PNAR a pour mission d’assurer la cohérence des différentes interventions relatives au développement de la filière riz local, de renforcer sa promotion et son développement par l’augmentation des superficies, la modernisation des moyens et des méthodes de production et de transformation, et la professionnalisation des acteurs en vue d’améliorer la sécurité alimentaire et de contribuer ainsi à la lutte contre la pauvreté.

Dans ce cadre, il assume la responsabilité de conduire le Sénégal vers l’autosuffisance en riz d’ici 2017 en produisant 1,6 million de tonnes de paddy (1,08 million de tonnes de riz usiné). Bien qu’auparavant le gouvernement ait déterminé que 80 % de cette quantité proviendrait du riz irrigué et 20 % du riz pluvial, en 2014 il a décidé d’augmenter la part de la production du riz pluvial à 40 %.

Ce changement de stratégie était dû en grande partie à un programme appuyé par l’Agence américaine pour le développement international (USAID) dans le Sud du Sénégal, qui a démontré que la productivité du système de riziculture pluviale pouvait être significativement améliorée en utilisant des variétés à haut rendement telles que les NERICA avec de bonnes pratiques agricoles, la mécanisation et un système semencier efficace.

« Cependant, puisque le riz pluvial était perçu comme un parent pauvre au Sénégal, il n’y avait pratiquement pas de semences de qualité disponibles pour les producteurs » a expliqué Dr Waly Diouf, Coordinateur du PNAR. « L’offre de semences d’AfricaRice est donc arrivée à point nommé. Nous avons décidé de les distribuer aux producteurs de la FEPROBA, avec l’accompagnement de la Société de développement agricole et industriel du Sénégal (SODAGRI) afin qu’ils puissent les multiplier pour une distribution à grande échelle. »

Les producteurs de semences ont été appuyés à travers les services d’encadrement et de vulgarisation. Depuis le début de l’initiative, AfricaRice a été un partenaire actif du gouvernement dans la formation des formateurs, y compris les agents de vulgarisation, en pratiques améliorées de la production rizicole. Selon Dr Karim Traoré, Expert en qualité grain et en semences à AfricaRice, l’une des principales personnes ressources du programme de formation, la semence de bonne qualité est essentielle pour que les producteurs puissent avoir de bonnes récoltes.

Amélioration du système semencier

Les producteurs de semences de l’Anambé suivent les procédures du gouvernement pour produire les semences certifiées. Le contrôle qualité des semences est fait par la Division des semences (DISEM) depuis le champ. Des échantillons de semences sont testés pour la germination, la pureté physique et la teneur en humidité dans le laboratoire national de test des semences à Tambacounda.

En janvier 2015, un centre de traitement des semences avec une capacité de triage de 40 tonnes par jour a été construit à Kolda avec le soutien de l’USAID. Le centre, qui est dirigé par une compagnie privée, certifie les semences après le nettoyage, le calibrage et le traitement à 20 000 FCFA (environ 33 USD) par tonne payés par les producteurs de semences.

« Nous veillons à ce que notre centre envoie des semences certifiées sur lesquelles les producteurs peuvent compter pour accroître leur production, » a déclaré M. Baila Diop, Gérant du centre de Kolda.

Résultats tangibles

Au bout de quelques années, la vallée de l’Anambé est véritablement devenue l’un des plus grands fournisseurs de semences certifiées pour la riziculture pluviale au Sénégal. « En 2015, elle a fourni plus de 1 000 tonnes de semences de riz pluvial et en 2016, plus de 2 000 tonnes sont attendues, » a affirmé M. Moussa Baldé, Directeur général de la SODAGRI.

« L’initiative a apporté l’espoir aux producteurs de la FEPROBA, qui ont compris que la production de semences peut être une affaire rentable, » a-t-il ajouté. « Notre objectif est de fournir au moins 50 % des semences certifiées requises pour la riziculture pluviale au Sénégal d’ici 2017. »

Kolda nourrit Kolda en riz

Selon la FAO, le Sénégal a obtenu une récolte record de 906 000 tonnes de paddy (634 000 tonnes de riz usiné) en 2015, ce qui est supérieur de 62 % à la production de 2014. Elle projette qu’en 2016, le pays va collecter au moins 950 000 tonnes de paddy (665 000 tonnes de riz usiné).

Les producteurs de semences de l’Anambé ont sans aucun doute contribué au succès grandissant de la nouvelle stratégie du gouvernement et sont en train de tenir la promesse du slogan « Kolda nourrit Kolda » en riz. Ils désirent vivement faire plus. « Nous avons maintenant les politiques d’appui du gouvernement. Les producteurs peuvent nourrir le Sénégal sans aller chercher de l’aide à l’extérieur, » a déclaré Issa Baldé.

Lui et les autres membres de la FEPROBA ont demandé au gouvernement d’accroître les superficies irriguées puisqu’il existe une demande forte de la part du nombre grandissant de producteurs qui viennent dans l’Anambé après avoir été témoins du boom des semences. Ils aimeraient aussi avoir un centre de traitement des semences plus proche des sites de production et une usine de transformation du riz.

Pour Dr Diouf, l’expérience réussie de l’Anambé est une vision du gouvernement qui est devenue une réalité grâce à l’ensemble des partenaires de la recherche et du développement, y compris AfricaRice. « Nous avons pu assurer l’autosuffisance en riz à Kolda au bout de deux ans. Maintenant, nous ne parlons plus d’autosuffisance ici, mais de prospérité. Cela signifie que nous sommes passés à un niveau de développement plus élevé. »

Podcast : Savitri Mohapatra, R.Raman, AfricaRice

Mardi 22 novembre 2016

18
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2019

Mamadou Dian Diallo, Riziculteur, L’expérience réussie de l’Anambé

Révolution rizicole au Sénégal sans tambour ni trompette -- Les producteurs de semences transforment l’Anambé en une vallée prospère

À l’insu de quasiment tous, les producteurs de semences de riz transforment l’Anambé, dans la région de Kolda dans le Sud du Sénégal, en une vallée prospère. Grâce à une synergie incroyable entre tous les acteurs, les producteurs de subsistance à Kolda sont devenus prospères en moins de deux ans en produisant des semences de qualité, une activité en plein essor.

De plus, Kolda est devenue pour la première fois un pôle majeur pour la production des semences de riz de plateau au Sénégal. Cette transformation aide le pays à atteindre plus vite l’objectif fixé par le gouvernement pour atteindre l’autosuffisance en riz d’ici 2017.

L’expérience réussie de l’Anambé

« Avec les bénéfices que j’ai faits récemment dans la vente des semences de riz, j’ai acheté deux tracteurs et j’envisage acquérir un troisième, » a déclaré Issa Baldé, président de la Fédération des producteurs du bassin de l’Anambé (FEPROBA) dans le secteur 5, Dialakégné. Il a fièrement annoncé qu’il a inscrit son fils dans une école de football à Dakar, dont les frais s’élèvent à 2,6 millions de FCFA (4 315 USD).

Beaucoup d’autres membres de la FEPROBA, qui compte environ 4 600 producteurs, ont des cas de réussite similaires à raconter. Certains d’entre eux sont en train de construire de nouvelles maisons avec l’argent gagné de la vente des semences. Ils bénéficient du programme de subvention du gouvernement pour l’achat de machines agricoles et peuvent avoir des prêts bancaires à cause des bénéfices qu’ils tirent de la production des semences.

« Jusqu’à maintenant, je n’avais jamais vu 1 million de francs CFA (1 659 USD) de ma vie, » a fait remarquer Souleymane Gano. « En vendant les semences de riz, j’ai gagné 1,3 million de francs CFA (2 157 USD) après avoir payé toutes mes dettes. » Mamadou Dian Diallo, un autre producteur de semences, a construit une maison à deux étages avec des magasins, acheté deux tracteurs et une voiture 4x4.

Le président de la FEPROBA, El-Hadj Gano, a gagné suffisamment d’argent dans les semences pour acheter un tracteur, construire une maison, acheter du bétail et inscrire ses enfants dans une école privée. Mme Fatoumata Sabaly, du village de Soutouré dans l’Anambé, a produit 77 tonnes de semences de riz cette année. Elle a aussi acheté un tracteur et possède 60 têtes de bétails.

Les raisons qui sous-tendent le succès

L’expérience réussie de l’Anambé a commencé en juillet 2014 quand la FEPROBA a reçu 60 tonnes de semences de variétés de riz NERICA 4 et NERICA 6 pour l’écologie de plateau et la variété WITA 9 pour l’écologie de bas-fond. Les semences ont été distribuées par AfricaRice et le ministère sénégalais de l’Agriculture et de l’Équipement rural dans le cadre de l’Initiative riz d’urgence financée par le Japon et mise en œuvre par AfricaRice.

L’Anambé a été identifiée par le Programme national d’autosuffisance en riz (PNAR) comme un pôle pour la production des semences de riz de plateau, parce que la vallée dispose de bonnes infrastructures de maîtrise de l’eau et a aussi la possibilité de faire une irrigation d’appoint si nécessaire pendant la contre-saison. Le gouvernement tient aussi à améliorer les moyens de subsistance des communautés paysannes à Kolda puisque c’est l’une des régions les plus pauvres du Sénégal.

Le PNAR a pour mission d’assurer la cohérence des différentes interventions relatives au développement de la filière riz local, de renforcer sa promotion et son développement par l’augmentation des superficies, la modernisation des moyens et des méthodes de production et de transformation, et la professionnalisation des acteurs en vue d’améliorer la sécurité alimentaire et de contribuer ainsi à la lutte contre la pauvreté.

Dans ce cadre, il assume la responsabilité de conduire le Sénégal vers l’autosuffisance en riz d’ici 2017 en produisant 1,6 million de tonnes de paddy (1,08 million de tonnes de riz usiné). Bien qu’auparavant le gouvernement ait déterminé que 80 % de cette quantité proviendrait du riz irrigué et 20 % du riz pluvial, en 2014 il a décidé d’augmenter la part de la production du riz pluvial à 40 %.

Ce changement de stratégie était dû en grande partie à un programme appuyé par l’Agence américaine pour le développement international (USAID) dans le Sud du Sénégal, qui a démontré que la productivité du système de riziculture pluviale pouvait être significativement améliorée en utilisant des variétés à haut rendement telles que les NERICA avec de bonnes pratiques agricoles, la mécanisation et un système semencier efficace.

« Cependant, puisque le riz pluvial était perçu comme un parent pauvre au Sénégal, il n’y avait pratiquement pas de semences de qualité disponibles pour les producteurs » a expliqué Dr Waly Diouf, Coordinateur du PNAR. « L’offre de semences d’AfricaRice est donc arrivée à point nommé. Nous avons décidé de les distribuer aux producteurs de la FEPROBA, avec l’accompagnement de la Société de développement agricole et industriel du Sénégal (SODAGRI) afin qu’ils puissent les multiplier pour une distribution à grande échelle. »

Les producteurs de semences ont été appuyés à travers les services d’encadrement et de vulgarisation. Depuis le début de l’initiative, AfricaRice a été un partenaire actif du gouvernement dans la formation des formateurs, y compris les agents de vulgarisation, en pratiques améliorées de la production rizicole. Selon Dr Karim Traoré, Expert en qualité grain et en semences à AfricaRice, l’une des principales personnes ressources du programme de formation, la semence de bonne qualité est essentielle pour que les producteurs puissent avoir de bonnes récoltes.

Amélioration du système semencier

Les producteurs de semences de l’Anambé suivent les procédures du gouvernement pour produire les semences certifiées. Le contrôle qualité des semences est fait par la Division des semences (DISEM) depuis le champ. Des échantillons de semences sont testés pour la germination, la pureté physique et la teneur en humidité dans le laboratoire national de test des semences à Tambacounda.

En janvier 2015, un centre de traitement des semences avec une capacité de triage de 40 tonnes par jour a été construit à Kolda avec le soutien de l’USAID. Le centre, qui est dirigé par une compagnie privée, certifie les semences après le nettoyage, le calibrage et le traitement à 20 000 FCFA (environ 33 USD) par tonne payés par les producteurs de semences.

« Nous veillons à ce que notre centre envoie des semences certifiées sur lesquelles les producteurs peuvent compter pour accroître leur production, » a déclaré M. Baila Diop, Gérant du centre de Kolda.

Résultats tangibles

Au bout de quelques années, la vallée de l’Anambé est véritablement devenue l’un des plus grands fournisseurs de semences certifiées pour la riziculture pluviale au Sénégal. « En 2015, elle a fourni plus de 1 000 tonnes de semences de riz pluvial et en 2016, plus de 2 000 tonnes sont attendues, » a affirmé M. Moussa Baldé, Directeur général de la SODAGRI.

« L’initiative a apporté l’espoir aux producteurs de la FEPROBA, qui ont compris que la production de semences peut être une affaire rentable, » a-t-il ajouté. « Notre objectif est de fournir au moins 50 % des semences certifiées requises pour la riziculture pluviale au Sénégal d’ici 2017. »

Kolda nourrit Kolda en riz

Selon la FAO, le Sénégal a obtenu une récolte record de 906 000 tonnes de paddy (634 000 tonnes de riz usiné) en 2015, ce qui est supérieur de 62 % à la production de 2014. Elle projette qu’en 2016, le pays va collecter au moins 950 000 tonnes de paddy (665 000 tonnes de riz usiné).

Les producteurs de semences de l’Anambé ont sans aucun doute contribué au succès grandissant de la nouvelle stratégie du gouvernement et sont en train de tenir la promesse du slogan « Kolda nourrit Kolda » en riz. Ils désirent vivement faire plus. « Nous avons maintenant les politiques d’appui du gouvernement. Les producteurs peuvent nourrir le Sénégal sans aller chercher de l’aide à l’extérieur, » a déclaré Issa Baldé.

Lui et les autres membres de la FEPROBA ont demandé au gouvernement d’accroître les superficies irriguées puisqu’il existe une demande forte de la part du nombre grandissant de producteurs qui viennent dans l’Anambé après avoir été témoins du boom des semences. Ils aimeraient aussi avoir un centre de traitement des semences plus proche des sites de production et une usine de transformation du riz.

Pour Dr Diouf, l’expérience réussie de l’Anambé est une vision du gouvernement qui est devenue une réalité grâce à l’ensemble des partenaires de la recherche et du développement, y compris AfricaRice. « Nous avons pu assurer l’autosuffisance en riz à Kolda au bout de deux ans. Maintenant, nous ne parlons plus d’autosuffisance ici, mais de prospérité. Cela signifie que nous sommes passés à un niveau de développement plus élevé. »

Podcast : Savitri Mohapatra, R.Raman, AfricaRice

Mardi 22 novembre 2016

18
Jun
2019

Selou Diallo. Producteur de semences, L’expérience réussie de l’Anambé

Révolution rizicole au Sénégal sans tambour ni trompette -- Les producteurs de semences transforment l’Anambé en une vallée prospère

À l’insu de quasiment tous, les producteurs de semences de riz transforment l’Anambé, dans la région de Kolda dans le Sud du Sénégal, en une vallée prospère. Grâce à une synergie incroyable entre tous les acteurs, les producteurs de subsistance à Kolda sont devenus prospères en moins de deux ans en produisant des semences de qualité, une activité en plein essor.

De plus, Kolda est devenue pour la première fois un pôle majeur pour la production des semences de riz de plateau au Sénégal. Cette transformation aide le pays à atteindre plus vite l’objectif fixé par le gouvernement pour atteindre l’autosuffisance en riz d’ici 2017.

L’expérience réussie de l’Anambé

« Avec les bénéfices que j’ai faits récemment dans la vente des semences de riz, j’ai acheté deux tracteurs et j’envisage acquérir un troisième, » a déclaré Issa Baldé, président de la Fédération des producteurs du bassin de l’Anambé (FEPROBA) dans le secteur 5, Dialakégné. Il a fièrement annoncé qu’il a inscrit son fils dans une école de football à Dakar, dont les frais s’élèvent à 2,6 millions de FCFA (4 315 USD).

Beaucoup d’autres membres de la FEPROBA, qui compte environ 4 600 producteurs, ont des cas de réussite similaires à raconter. Certains d’entre eux sont en train de construire de nouvelles maisons avec l’argent gagné de la vente des semences. Ils bénéficient du programme de subvention du gouvernement pour l’achat de machines agricoles et peuvent avoir des prêts bancaires à cause des bénéfices qu’ils tirent de la production des semences.

« Jusqu’à maintenant, je n’avais jamais vu 1 million de francs CFA (1 659 USD) de ma vie, » a fait remarquer Souleymane Gano. « En vendant les semences de riz, j’ai gagné 1,3 million de francs CFA (2 157 USD) après avoir payé toutes mes dettes. » Mamadou Dian Diallo, un autre producteur de semences, a construit une maison à deux étages avec des magasins, acheté deux tracteurs et une voiture 4x4.

Le président de la FEPROBA, El-Hadj Gano, a gagné suffisamment d’argent dans les semences pour acheter un tracteur, construire une maison, acheter du bétail et inscrire ses enfants dans une école privée. Mme Fatoumata Sabaly, du village de Soutouré dans l’Anambé, a produit 77 tonnes de semences de riz cette année. Elle a aussi acheté un tracteur et possède 60 têtes de bétails.

Les raisons qui sous-tendent le succès

L’expérience réussie de l’Anambé a commencé en juillet 2014 quand la FEPROBA a reçu 60 tonnes de semences de variétés de riz NERICA 4 et NERICA 6 pour l’écologie de plateau et la variété WITA 9 pour l’écologie de bas-fond. Les semences ont été distribuées par AfricaRice et le ministère sénégalais de l’Agriculture et de l’Équipement rural dans le cadre de l’Initiative riz d’urgence financée par le Japon et mise en œuvre par AfricaRice.

L’Anambé a été identifiée par le Programme national d’autosuffisance en riz (PNAR) comme un pôle pour la production des semences de riz de plateau, parce que la vallée dispose de bonnes infrastructures de maîtrise de l’eau et a aussi la possibilité de faire une irrigation d’appoint si nécessaire pendant la contre-saison. Le gouvernement tient aussi à améliorer les moyens de subsistance des communautés paysannes à Kolda puisque c’est l’une des régions les plus pauvres du Sénégal.

Le PNAR a pour mission d’assurer la cohérence des différentes interventions relatives au développement de la filière riz local, de renforcer sa promotion et son développement par l’augmentation des superficies, la modernisation des moyens et des méthodes de production et de transformation, et la professionnalisation des acteurs en vue d’améliorer la sécurité alimentaire et de contribuer ainsi à la lutte contre la pauvreté.

Dans ce cadre, il assume la responsabilité de conduire le Sénégal vers l’autosuffisance en riz d’ici 2017 en produisant 1,6 million de tonnes de paddy (1,08 million de tonnes de riz usiné). Bien qu’auparavant le gouvernement ait déterminé que 80 % de cette quantité proviendrait du riz irrigué et 20 % du riz pluvial, en 2014 il a décidé d’augmenter la part de la production du riz pluvial à 40 %.

Ce changement de stratégie était dû en grande partie à un programme appuyé par l’Agence américaine pour le développement international (USAID) dans le Sud du Sénégal, qui a démontré que la productivité du système de riziculture pluviale pouvait être significativement améliorée en utilisant des variétés à haut rendement telles que les NERICA avec de bonnes pratiques agricoles, la mécanisation et un système semencier efficace.

« Cependant, puisque le riz pluvial était perçu comme un parent pauvre au Sénégal, il n’y avait pratiquement pas de semences de qualité disponibles pour les producteurs » a expliqué Dr Waly Diouf, Coordinateur du PNAR. « L’offre de semences d’AfricaRice est donc arrivée à point nommé. Nous avons décidé de les distribuer aux producteurs de la FEPROBA, avec l’accompagnement de la Société de développement agricole et industriel du Sénégal (SODAGRI) afin qu’ils puissent les multiplier pour une distribution à grande échelle. »

Les producteurs de semences ont été appuyés à travers les services d’encadrement et de vulgarisation. Depuis le début de l’initiative, AfricaRice a été un partenaire actif du gouvernement dans la formation des formateurs, y compris les agents de vulgarisation, en pratiques améliorées de la production rizicole. Selon Dr Karim Traoré, Expert en qualité grain et en semences à AfricaRice, l’une des principales personnes ressources du programme de formation, la semence de bonne qualité est essentielle pour que les producteurs puissent avoir de bonnes récoltes.

Amélioration du système semencier

Les producteurs de semences de l’Anambé suivent les procédures du gouvernement pour produire les semences certifiées. Le contrôle qualité des semences est fait par la Division des semences (DISEM) depuis le champ. Des échantillons de semences sont testés pour la germination, la pureté physique et la teneur en humidité dans le laboratoire national de test des semences à Tambacounda.

En janvier 2015, un centre de traitement des semences avec une capacité de triage de 40 tonnes par jour a été construit à Kolda avec le soutien de l’USAID. Le centre, qui est dirigé par une compagnie privée, certifie les semences après le nettoyage, le calibrage et le traitement à 20 000 FCFA (environ 33 USD) par tonne payés par les producteurs de semences.

« Nous veillons à ce que notre centre envoie des semences certifiées sur lesquelles les producteurs peuvent compter pour accroître leur production, » a déclaré M. Baila Diop, Gérant du centre de Kolda.

Résultats tangibles

Au bout de quelques années, la vallée de l’Anambé est véritablement devenue l’un des plus grands fournisseurs de semences certifiées pour la riziculture pluviale au Sénégal. « En 2015, elle a fourni plus de 1 000 tonnes de semences de riz pluvial et en 2016, plus de 2 000 tonnes sont attendues, » a affirmé M. Moussa Baldé, Directeur général de la SODAGRI.

« L’initiative a apporté l’espoir aux producteurs de la FEPROBA, qui ont compris que la production de semences peut être une affaire rentable, » a-t-il ajouté. « Notre objectif est de fournir au moins 50 % des semences certifiées requises pour la riziculture pluviale au Sénégal d’ici 2017. »

Kolda nourrit Kolda en riz

Selon la FAO, le Sénégal a obtenu une récolte record de 906 000 tonnes de paddy (634 000 tonnes de riz usiné) en 2015, ce qui est supérieur de 62 % à la production de 2014. Elle projette qu’en 2016, le pays va collecter au moins 950 000 tonnes de paddy (665 000 tonnes de riz usiné).

Les producteurs de semences de l’Anambé ont sans aucun doute contribué au succès grandissant de la nouvelle stratégie du gouvernement et sont en train de tenir la promesse du slogan « Kolda nourrit Kolda » en riz. Ils désirent vivement faire plus. « Nous avons maintenant les politiques d’appui du gouvernement. Les producteurs peuvent nourrir le Sénégal sans aller chercher de l’aide à l’extérieur, » a déclaré Issa Baldé.

Lui et les autres membres de la FEPROBA ont demandé au gouvernement d’accroître les superficies irriguées puisqu’il existe une demande forte de la part du nombre grandissant de producteurs qui viennent dans l’Anambé après avoir été témoins du boom des semences. Ils aimeraient aussi avoir un centre de traitement des semences plus proche des sites de production et une usine de transformation du riz.

Pour Dr Diouf, l’expérience réussie de l’Anambé est une vision du gouvernement qui est devenue une réalité grâce à l’ensemble des partenaires de la recherche et du développement, y compris AfricaRice. « Nous avons pu assurer l’autosuffisance en riz à Kolda au bout de deux ans. Maintenant, nous ne parlons plus d’autosuffisance ici, mais de prospérité. Cela signifie que nous sommes passés à un niveau de développement plus élevé. »

Podcast : Savitri Mohapatra, R.Raman, AfricaRice

Mardi 22 novembre 2016

18
Jun
2019

Souleymane Gano, Producteur de semences, L’expérience réussie de l’Anambé

Révolution rizicole au Sénégal sans tambour ni trompette -- Les producteurs de semences transforment l’Anambé en une vallée prospère

À l’insu de quasiment tous, les producteurs de semences de riz transforment l’Anambé, dans la région de Kolda dans le Sud du Sénégal, en une vallée prospère. Grâce à une synergie incroyable entre tous les acteurs, les producteurs de subsistance à Kolda sont devenus prospères en moins de deux ans en produisant des semences de qualité, une activité en plein essor.

De plus, Kolda est devenue pour la première fois un pôle majeur pour la production des semences de riz de plateau au Sénégal. Cette transformation aide le pays à atteindre plus vite l’objectif fixé par le gouvernement pour atteindre l’autosuffisance en riz d’ici 2017.

L’expérience réussie de l’Anambé

« Avec les bénéfices que j’ai faits récemment dans la vente des semences de riz, j’ai acheté deux tracteurs et j’envisage acquérir un troisième, » a déclaré Issa Baldé, président de la Fédération des producteurs du bassin de l’Anambé (FEPROBA) dans le secteur 5, Dialakégné. Il a fièrement annoncé qu’il a inscrit son fils dans une école de football à Dakar, dont les frais s’élèvent à 2,6 millions de FCFA (4 315 USD).

Beaucoup d’autres membres de la FEPROBA, qui compte environ 4 600 producteurs, ont des cas de réussite similaires à raconter. Certains d’entre eux sont en train de construire de nouvelles maisons avec l’argent gagné de la vente des semences. Ils bénéficient du programme de subvention du gouvernement pour l’achat de machines agricoles et peuvent avoir des prêts bancaires à cause des bénéfices qu’ils tirent de la production des semences.

« Jusqu’à maintenant, je n’avais jamais vu 1 million de francs CFA (1 659 USD) de ma vie, » a fait remarquer Souleymane Gano. « En vendant les semences de riz, j’ai gagné 1,3 million de francs CFA (2 157 USD) après avoir payé toutes mes dettes. » Mamadou Dian Diallo, un autre producteur de semences, a construit une maison à deux étages avec des magasins, acheté deux tracteurs et une voiture 4x4.

Le président de la FEPROBA, El-Hadj Gano, a gagné suffisamment d’argent dans les semences pour acheter un tracteur, construire une maison, acheter du bétail et inscrire ses enfants dans une école privée. Mme Fatoumata Sabaly, du village de Soutouré dans l’Anambé, a produit 77 tonnes de semences de riz cette année. Elle a aussi acheté un tracteur et possède 60 têtes de bétails.

Les raisons qui sous-tendent le succès

L’expérience réussie de l’Anambé a commencé en juillet 2014 quand la FEPROBA a reçu 60 tonnes de semences de variétés de riz NERICA 4 et NERICA 6 pour l’écologie de plateau et la variété WITA 9 pour l’écologie de bas-fond. Les semences ont été distribuées par AfricaRice et le ministère sénégalais de l’Agriculture et de l’Équipement rural dans le cadre de l’Initiative riz d’urgence financée par le Japon et mise en œuvre par AfricaRice.

L’Anambé a été identifiée par le Programme national d’autosuffisance en riz (PNAR) comme un pôle pour la production des semences de riz de plateau, parce que la vallée dispose de bonnes infrastructures de maîtrise de l’eau et a aussi la possibilité de faire une irrigation d’appoint si nécessaire pendant la contre-saison. Le gouvernement tient aussi à améliorer les moyens de subsistance des communautés paysannes à Kolda puisque c’est l’une des régions les plus pauvres du Sénégal.

Le PNAR a pour mission d’assurer la cohérence des différentes interventions relatives au développement de la filière riz local, de renforcer sa promotion et son développement par l’augmentation des superficies, la modernisation des moyens et des méthodes de production et de transformation, et la professionnalisation des acteurs en vue d’améliorer la sécurité alimentaire et de contribuer ainsi à la lutte contre la pauvreté.

Dans ce cadre, il assume la responsabilité de conduire le Sénégal vers l’autosuffisance en riz d’ici 2017 en produisant 1,6 million de tonnes de paddy (1,08 million de tonnes de riz usiné). Bien qu’auparavant le gouvernement ait déterminé que 80 % de cette quantité proviendrait du riz irrigué et 20 % du riz pluvial, en 2014 il a décidé d’augmenter la part de la production du riz pluvial à 40 %.

Ce changement de stratégie était dû en grande partie à un programme appuyé par l’Agence américaine pour le développement international (USAID) dans le Sud du Sénégal, qui a démontré que la productivité du système de riziculture pluviale pouvait être significativement améliorée en utilisant des variétés à haut rendement telles que les NERICA avec de bonnes pratiques agricoles, la mécanisation et un système semencier efficace.

« Cependant, puisque le riz pluvial était perçu comme un parent pauvre au Sénégal, il n’y avait pratiquement pas de semences de qualité disponibles pour les producteurs » a expliqué Dr Waly Diouf, Coordinateur du PNAR. « L’offre de semences d’AfricaRice est donc arrivée à point nommé. Nous avons décidé de les distribuer aux producteurs de la FEPROBA, avec l’accompagnement de la Société de développement agricole et industriel du Sénégal (SODAGRI) afin qu’ils puissent les multiplier pour une distribution à grande échelle. »

Les producteurs de semences ont été appuyés à travers les services d’encadrement et de vulgarisation. Depuis le début de l’initiative, AfricaRice a été un partenaire actif du gouvernement dans la formation des formateurs, y compris les agents de vulgarisation, en pratiques améliorées de la production rizicole. Selon Dr Karim Traoré, Expert en qualité grain et en semences à AfricaRice, l’une des principales personnes ressources du programme de formation, la semence de bonne qualité est essentielle pour que les producteurs puissent avoir de bonnes récoltes.

Amélioration du système semencier

Les producteurs de semences de l’Anambé suivent les procédures du gouvernement pour produire les semences certifiées. Le contrôle qualité des semences est fait par la Division des semences (DISEM) depuis le champ. Des échantillons de semences sont testés pour la germination, la pureté physique et la teneur en humidité dans le laboratoire national de test des semences à Tambacounda.

En janvier 2015, un centre de traitement des semences avec une capacité de triage de 40 tonnes par jour a été construit à Kolda avec le soutien de l’USAID. Le centre, qui est dirigé par une compagnie privée, certifie les semences après le nettoyage, le calibrage et le traitement à 20 000 FCFA (environ 33 USD) par tonne payés par les producteurs de semences.

« Nous veillons à ce que notre centre envoie des semences certifiées sur lesquelles les producteurs peuvent compter pour accroître leur production, » a déclaré M. Baila Diop, Gérant du centre de Kolda.

Résultats tangibles

Au bout de quelques années, la vallée de l’Anambé est véritablement devenue l’un des plus grands fournisseurs de semences certifiées pour la riziculture pluviale au Sénégal. « En 2015, elle a fourni plus de 1 000 tonnes de semences de riz pluvial et en 2016, plus de 2 000 tonnes sont attendues, » a affirmé M. Moussa Baldé, Directeur général de la SODAGRI.

« L’initiative a apporté l’espoir aux producteurs de la FEPROBA, qui ont compris que la production de semences peut être une affaire rentable, » a-t-il ajouté. « Notre objectif est de fournir au moins 50 % des semences certifiées requises pour la riziculture pluviale au Sénégal d’ici 2017. »

Kolda nourrit Kolda en riz

Selon la FAO, le Sénégal a obtenu une récolte record de 906 000 tonnes de paddy (634 000 tonnes de riz usiné) en 2015, ce qui est supérieur de 62 % à la production de 2014. Elle projette qu’en 2016, le pays va collecter au moins 950 000 tonnes de paddy (665 000 tonnes de riz usiné).

Les producteurs de semences de l’Anambé ont sans aucun doute contribué au succès grandissant de la nouvelle stratégie du gouvernement et sont en train de tenir la promesse du slogan « Kolda nourrit Kolda » en riz. Ils désirent vivement faire plus. « Nous avons maintenant les politiques d’appui du gouvernement. Les producteurs peuvent nourrir le Sénégal sans aller chercher de l’aide à l’extérieur, » a déclaré Issa Baldé.

Lui et les autres membres de la FEPROBA ont demandé au gouvernement d’accroître les superficies irriguées puisqu’il existe une demande forte de la part du nombre grandissant de producteurs qui viennent dans l’Anambé après avoir été témoins du boom des semences. Ils aimeraient aussi avoir un centre de traitement des semences plus proche des sites de production et une usine de transformation du riz.

Pour Dr Diouf, l’expérience réussie de l’Anambé est une vision du gouvernement qui est devenue une réalité grâce à l’ensemble des partenaires de la recherche et du développement, y compris AfricaRice. « Nous avons pu assurer l’autosuffisance en riz à Kolda au bout de deux ans. Maintenant, nous ne parlons plus d’autosuffisance ici, mais de prospérité. Cela signifie que nous sommes passés à un niveau de développement plus élevé. »

Podcast : Savitri Mohapatra, R.Raman, AfricaRice

Mardi 22 novembre 2016

15
Apr
2019

Mrs Rebecca Khelseau-Carsky delivering her goodwill message at the 2019 AfricaRice Dr Robert Carsky Award ceremony

AfricaRice Dr Robert Carsky Award for 2019

This is an annual award, which was instituted by AfricaRice in honor of the late Dr Robert Carsky who served as agronomist at AfricaRice. The Carsky Award is conferred on staff, who have demonstrated high standards of excellence and made exceptional contributions to rice research, training and research support. Two awards are given every year, one to an Internationally Recruited Staff (IRS) and the other to a General Support Staff (GSS).

Dr Gaudiose Mujawamariya, and Rice Value Chain Expert and Gender Focal Point, who also serves as AfricaRice Representative in Madagascar received the 2019 AfricaRice Dr Robert Carsky Award for IRS on 11 April at the 45th Meeting of the AfricaRice Board of Trustees, M’bé, Côte d’Ivoire. She received this prestigious award in recognition of her outstanding contributions to rice research in Africa, especially relating to rice value chain in Eastern Africa and her ongoing work on integrating gender in AfricaRice research. She has also contributed significantly to building strategic partnerships and resource mobilization efforts.

Mr Sanogo Fassouma, Senior Translator at AfricaRice, received the 2019 AfricaRice Dr Robert Carsky Award for GSS for his outstanding support to AfricaRice translation service, strong commitment, trustworthiness, sense of responsibility and hard work.

Mrs Rebecca Khelseau-Carsky handed over the 2019 AfricaRice Dr Robert Carsky Award to the winners in the presence of the AfricaRice Board of Trustees and staff members.

15
Apr
2019

2019 AfricaRice Dr Robert Carsky Award : Dr Etienne Duveiller reading out the citation for the winner in the IRS category

AfricaRice Dr Robert Carsky Award for 2019

This is an annual award, which was instituted by AfricaRice in honor of the late Dr Robert Carsky who served as agronomist at AfricaRice. The Carsky Award is conferred on staff, who have demonstrated high standards of excellence and made exceptional contributions to rice research, training and research support. Two awards are given every year, one to an Internationally Recruited Staff (IRS) and the other to a General Support Staff (GSS).

Dr Gaudiose Mujawamariya, and Rice Value Chain Expert and Gender Focal Point, who also serves as AfricaRice Representative in Madagascar received the 2019 AfricaRice Dr Robert Carsky Award for IRS on 11 April at the 45th Meeting of the AfricaRice Board of Trustees, M’bé, Côte d’Ivoire. She received this prestigious award in recognition of her outstanding contributions to rice research in Africa, especially relating to rice value chain in Eastern Africa and her ongoing work on integrating gender in AfricaRice research. She has also contributed significantly to building strategic partnerships and resource mobilization efforts.

Mr Sanogo Fassouma, Senior Translator at AfricaRice, received the 2019 AfricaRice Dr Robert Carsky Award for GSS for his outstanding support to AfricaRice translation service, strong commitment, trustworthiness, sense of responsibility and hard work.

Mrs Rebecca Khelseau-Carsky handed over the 2019 AfricaRice Dr Robert Carsky Award to the winners in the presence of the AfricaRice Board of Trustees and staff members.

15
Apr
2019

2019 AfricaRice Dr Robert Carsky Award : Savitri Mohapatra reading out the citation for the winners in the GSS category

AfricaRice Dr Robert Carsky Award for 2019

This is an annual award, which was instituted by AfricaRice in honor of the late Dr Robert Carsky who served as agronomist at AfricaRice. The Carsky Award is conferred on staff, who have demonstrated high standards of excellence and made exceptional contributions to rice research, training and research support. Two awards are given every year, one to an Internationally Recruited Staff (IRS) and the other to a General Support Staff (GSS).

Dr Gaudiose Mujawamariya, and Rice Value Chain Expert and Gender Focal Point, who also serves as AfricaRice Representative in Madagascar received the 2019 AfricaRice Dr Robert Carsky Award for IRS on 11 April at the 45th Meeting of the AfricaRice Board of Trustees, M’bé, Côte d’Ivoire. She received this prestigious award in recognition of her outstanding contributions to rice research in Africa, especially relating to rice value chain in Eastern Africa and her ongoing work on integrating gender in AfricaRice research. She has also contributed significantly to building strategic partnerships and resource mobilization efforts.

Mr Sanogo Fassouma, Senior Translator at AfricaRice, received the 2019 AfricaRice Dr Robert Carsky Award for GSS for his outstanding support to AfricaRice translation service, strong commitment, trustworthiness, sense of responsibility and hard work.

Mrs Rebecca Khelseau-Carsky handed over the 2019 AfricaRice Dr Robert Carsky Award to the winners in the presence of the AfricaRice Board of Trustees and staff members.

8
Mar
2019

Journée internationale de la femme 2019

Innover pour le changement : Une championne de la transformation du riz en Afrique à l’honneur

 

À l’occasion de la Journée internationale de la femme 2019, dont le thème est « Penser équitablement, bâtir intelligemment, innover pour le changement », AfricaRice salue Mme Aichatou Camara, présidente d'une association des étuveuses du riz, composée de 55 membres, à Bouaké, Côte d’Ivoire.

 

Mme Camara, fervente partisane de l'innovation pour le changement, en particulier dans la transformation du riz, est une pionnière pour saisir les avantages des nouvelles technologies, telles que le nouveau système d'étuvage économe en énergie et favorable aux femmes, appelé GEM.

 

L'étuvage du riz est un processus qui consiste à faire bouillir partiellement le riz dans la balle avant l’usinage afin d’éviter que le riz se brise pendant l’usinage, de préserver sa valeur nutritive et d’améliorer sa qualité. Le processus est effectué principalement par les femmes rurales en Afrique.

 

Le riz étuvé de bonne qualité est prisé dans certaines régions d’Afrique. Cependant, la méthode d'étuvage traditionnel est laborieuse, prend du temps et n'est pas sûre. Il produit un riz avec des impuretés, des grains cassés et brûlés et une odeur indésirable. Il nécessite également beaucoup de bois de chauffage et d'eau.

 

Reconnaissant la contribution inestimable des femmes rurales au développement durable, AfricaRice a mis au point la technologie GEM afin de réduire la corvée des transformatrices de riz, comme Mme Camara, qui sont les piliers de la sécurité alimentaire pour leurs familles et leurs communautés.

 

Le GEM est plus sûr à utiliser et est équipé de palans et de rails pour lever et déplacer les récipients lourds dans lesquels le paddy est facilement cuit à la vapeur par les femmes. Il aide les femmes des zones rurales à produire un riz plus propre et de meilleure qualité, à un prix plus élevé sur le marché local, ce qui leur permet d'améliorer leurs perspectives économiques et de bâtir un avenir meilleur.

 

Le GEM est plus économique que les méthodes traditionnelles. Il permet aux femmes de traiter de grandes quantités de paddy en un temps relativement court. Il comprend également un poêle écologique alimenté par un ventilateur fonctionnant à l'énergie solaire et alimenté en balle de riz, un combustible gratuit et abondant dans les zones productrices de riz.

 

Il y a deux ans, Mme Camara et les membres de son association ont suivi un cours de formation sur l'utilisation du système d'étuvage du riz GEM. Dotés de connaissances et de compétences techniques, elles ont transformé l’étuvage du riz en une entreprise rentable.

 

Entretien avec Mme Aichatou Camara, présidente d’une association de transformatrices de riz, composée de 55 membres, basée à Bouaké, en Côte d’Ivoire.